Nous «savons» tous que le monde vivant se divise en animaux et en végétaux. Mais la classification actuellement reconnue est assez différente! La première division est entre les bactéries d'une part et tout le reste d'autre part.
«Tout le reste» comprend en particulier toutes les plantes et tous les animaux.
Cellules de pelure d'oignon.
Les petits disques sont les noyaux.
Tous les êtres vivants sont composés de cellules.
Dans chaque cellule, il y a une copie complète de l'ADN = matériel génétique de l'être vivant. Dans un être pluricellulaire, toutes les cellules ont le même ADN (sauf exceptions).
Dans une cellule eucaryote, l'ADN est (presque) entièrement contenu dans le noyau, sous forme de chromosomes.
La cellule est séparée de l'extérieur par une membrane. Chez les eucaryotes, il y a aussi une membrane autour du noyau.
On ne compte pas les virus comme «êtres vivants». Les virus n'ont pas de cellule, ni de «vraie vie»: petits morceaux de matériel génétique sans métabolisme propre, sans reproduction propre.
En biologie, on parle de la classification scientifique. Mais pourquoi devrait-il y avoir une classification plus scientifique qu'une autre? Il y a beaucoup de façons différentes, et valables, de classer n'importe quelle collection d'objets1.
Une manière de classer les êtres vivants est la généalogie: classification «phylogénétique». Elle présuppose que les groupes d'animaux décrits descendent les uns des autres -> structure en «arbre».
C'est très largement vrai, mais pas toujours vrai: transferts horizontaux de gènes; descendance à partir d'ancêtres multiples par incorporation, hybridation, etc. Cela ne contredit pas le fait que la vie probablement a une origine commune.
En particulier: les eucaryotes sont des hybrides de bactéries (endosymbiose).
Je décris ici la classification généralement retenue, principalement phylogénétique, sauf aux niveaux les plus élevés.
Le problème de l'influence encore grande de la conception «grande chaîne des êtres» («scala naturæ» - Aristote? - Dieu / anges / humanité / animaux / plantes / minéraux). Malgré le darwinisme, qui implique que tous les êtres vivants sont également évolués (puisque descendant tous d'un même ancêtre), cette conception influence encore beaucoup les esprits et les discours: animaux «inférieurs» et «supérieurs», etc. Comment parler du système nerveux à travers le règne animal sans subir cette influence, mais sans non plus nier les différences de capacité, de complexité, et sans doute aussi de degré de sensibilité?
La planète Terre existe depuis 4,6 milliards d'années = 4600 millions d'années.
Il y a 650-700 millions d'années, on trouve brusquement un grand nombre de fossiles d'animaux, représentant déjà les grands groupes d'animaux actuels.
L'ancêtre commun le plus récent entre les humains et les autres chimpanzés remonte à 6 millions d'années environ.
L'ancêtre commun le plus récent entre les mammifères et les oiseaux remonte à peut-être 300 millions d'années.
Seuls les animaux, et presque tous les animaux, ont un système nerveux. On peut donc supposer que le système nerveux date d'environ 1000 millions d'années. Et la sentience?
Bactéries (salmonelles).
La division bactéries/eucaryotes n'est pas qu'une question de noyau: eucaryotes = cellules plus grandes et plus complexes.
Les eucaryotes sont des hybrides: certains de leurs organes (mitochondries, chloroplastes) descendent de bactéries qui ont été incluses dans une autre bactérie («endosymbiose»). Ces organites contiennent leur propre ADN.
Parmi les eubactéries, il y a les «algues bleues», photosynthétiques (aussi appelées «cyanobactéries»). Elles sont à l'origine des chloroplastes des plantes et autres eucaryotes photosynthétiques.
Mais on ne distingue pas deux mais trois domaines: à côté des bactéries classiques, on a découvert les archéobactéries, nettement distinctes.
Les trois domaines:
Le schéma de base du monde vivant est donc celui à droite. Ce n'est pas un arbre phylogénétique, puisqu'il ne dit pas qui descend de qui.
Eucaryotes = plantes + champignons + animaux + vrac.
Vrac = organismes divers, la plupart unicellulaires = les «protozoaires» (par exemple, le plasmodium, agent de la malaria).
Les champignons et les animaux forment un groupe phylogénétique distinct (opisthochontes), qui a eu un ancêtre commun, séparé de celui des plantes. Présence de chitine et de cellules à flagelle propulseur.
Les animaux forment un groupe biologique précis. Il y a longtemps eu beaucoup de confusion sur ce qui était ou non un animal ou une plante. On parlait d'«animalcule» pour les protozoaires (cf. aussi l'origine du terme «protozoaire»). On entend aussi que les champignons seraient presque des animaux. Ou encore les algues. Les polémistes hostiles aux végétariens sont prompts à appeler «petites bêtes» y compris les bactéries ou les virus.
Les champignons ne sont pas des animaux! Les virus, les bactéries, ne sont pas des animaux! La grande majorité des eucaryotes unicellulaires («protozoaires») ne sont pas des animaux non plus! Presque tous les animaux sont pluricellulaires.
Le tissu nerveux n'existe que chez les animaux. Il n'y a pas de nerfs, de système nerveux, de tissus nerveux chez les plantes, ni chez les champignons, ni ailleurs.
«Neurobiologie des plantes» = absurdité.
Le tissu nerveux existe chez presque tous les animaux. Principale exception: les éponges. Il y a aussi les placozoaires.
La division vertébrés / invertébrés est très simpliste. Grande diversité des invertébrés.
En simplifiant un peu:
Grosso modo, d'un point de vue nerveux, on peut dire qu'il y a les animaux et les autres. Les animaux sont aussi grosso modo les seuls êtres vivants macroscopiques qui se déplacent par leurs propres moyens; si la sentience est ce qui permet à des êtres de résoudre les problèmes nouveaux de manière efficace et non automatique, on peut comprendre cette corrélation.
Même s'il est probable que tous les animaux ne sont pas sentients, y compris parmi ceux qui possèdent un système nerveux, le fait que les bilatériens possèdent généralement (exception, semble-t-il: les échinodermes) non seulement un SN mais un SNC, et une certaine céphalisation tend à justifier l'utilisation philosophique et politique du terme «animaux» comme désignant l'ensemble des êtres sentients.
1. Cf. mon excellent article dans le numéro 11 des Cahiers antispécistes, «Les espèces non plus n'existent pas».