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Commentaires

Pour la question de l'identité personnelle, le "je" cartésien, même si ce n'est pas le sujet principal de cet article et qu'il y en a d'autres plus détaillés sur ce site, ta non-croyance en cette identité signifierait donc qu'il y a des sensations, "de la sentience", une subjectivité somme toute, mais qu'elle n'est pas inhérente à une identité persistante dans le temps ? Par exemple si on se dit que je vois quelqu'un souffrir et que je ne souffre pas moi-même, ça n'implique pas que je doive en déduire que ma conscience de cet état de fait prouve qu'il y a un "je" qui n'est pas le "je" de celui qui souffre, mais qu'il y a une perception de non-souffrance au niveau du corps, et une perception de souffrance plus abstraite au travers de l'observation de celui qui souffre ? Et que donc il n'y a que des perceptions diverses et variées, subjectives, qui s'expriment sur des durées plus ou moins longues ? Ou alors je n'ai rien compris et je suis à côté de la plaque... Quoi qu'il en soit c'est un sujet vraiment intéressant et intriguant, complètement contre-intuitif (si ce terme a un sens...).

Non, tu n'es pas à côté de la plaque, en tout cas quand tu traduis ça par «il n'y a que des perceptions diverses et variées, subjectives, qui s'expriment sur des durées plus ou moins longues». Par contre, je ne suis pas sûr de comprendre très bien ton exemple de la personne qui voit quelqu'un souffrir; si je perçois que quelqu'un d'autre souffre, quelle que soit la manière dont je le perçois, cela représente une perception, ou sensation, ou événement de sentience, dirais-je, comme une autre (comportant selon le cas une part de souffrance à voir l'autre souffrir, si je sympathise avec lui, ou au contraire un plaisir sadique, ou une simple constatation factuelle, etc.). Cela n'en fait pas quelque chose de plus abstrait.

En tout cas, merci pour ton commentaire. Je pense de plus en plus que cette question d'identité personnelle est capitale; et que pour une part au moins, notre «intuition» à cet égard correspond à une idéologie qu'on nous apprend.

David

En fait c'est ce que je voulais exprimer avec mon exemple, mais je désignais comme plus "abstrait" la perception de la souffrance de l'autre dans la mesure où elle est peut être plus difficilement définissable qu'une souffrance due à aux terminaisons nerveuses qui subiraient des coups...Mais en effet "abstrait" n'est sans doute pas le bon mot.
Je conçois bien l'importance que cette question de l'identité personnelle peut avoir, mais j'ai plus de mal à cerner les conséquences concrètes qu'elle aurait sur la conception de l'égalité animale par exemple...est-ce par rapport aux fondements mêmes de l'éthique, au sujet de l'utilitarisme hédoniste notamment, comme tu le mentionnes dans un autre texte ? Par rapport à la critique de la théorie des droits aussi...Et pour les questions autour de des intérêts qui sont en jeu avec la mort des individus, par exemple les théories de Singer à ce sujet, il me semble que tu mentionnes tout ça aussi quelque part... Ou alors est-ce qu'elle jouerait un rôle dans la construction de l'idée de nature, par rapport au fait que des intérêts sont souvent accordés de manière absurde aux espèces par exemple, au détriment de l'importance fondamentale de la sentience ?
Ce sujet me fait passablement réfléchir, et pour ce qui est du texte "le subjectif est objectif" et tout ce qui va avec, j'avoue ne pas en avoir compris plusieurs parties, mais je vais tenter de me renseigner un peu sur la physique quantique par exemple pour être plus au clair.
Beaucoup de remise en question avec ce sujet quoi qu'il en soit.