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Commentaires

Je ne sais pas si j'ai bien compris. Selon toi c'est pas nous qu'on pense (qu'on "produit" la pensée) mais on fait l'expérience de la pensée ???

Par exemple dire "j'aime le chocolat" serait faux. ça serait le chocolat qui fait que je l'aime ?

Je crois que je ne comprends pas moi même ce que j'écris.

Bises

Je dirais plutôt simplement que les sensations (pensées, émotions, etc.) sont. Ce sont des événements physiques. Elles ont donc des causes physiques, «matérielles». Mais un événement physique n'est pas forcément attribuable à un objet subsistant dans le temps. Or nous tendons de manière systématique et abusive à attribuer les sensations à un tel objet, que nous appelons «moi», «nous», «l'individu», «la personne», «Gaston»...

En m'intéressant au bouddhisme il y a quelques années, j'avais été séduit par une idée similaire, que la chose que nous nommons "je" quand nous parlons de nous-meme n'a en fait aucune réalité. On y dit que seule la pensée existe, et qu'elle se projette sur un écran qui, en se nommant lui-même le sujet, croît à sa propre existence et croît être à l'origine de la pensée alors qu'elle le crée : il se croit un sujet pensant alors qu'il n'est qu'un sujet pensé.

En effet, le bouddhisme est souvent mentionné dans le contexte. Derek Parfit le mentionne aussi. Je connais trop peu ces idées pour en dire quelque chose, sauf que cela montre que la critique de l'identité personnelle n'est pas une idée si extraterrestre que cela.

Je trouve cette métaphore intéressante, parce que, justement, ce qu'on remarque, c'est qu'il y a quand même un écran...

Le fait que l'écran soit à l'origine ou pas de la pensée est un paradoxe en soi.
Je suis capable m'imaginer n'être que le récepteur de ma pensée.(Et personnellement, j'ai retourné cette idée pendant des jours et des jours et des mois à mon adolescence). Et dans ce cas-là, je ne suis qu'un écran. Mais JE SUIS quand même l'écran, je reste moi. En tout cas, je suis capable de m'imaginer "moi", écran persistant sans pensée.

Mais bien sûr, cette idée elle-même n'est pas satisfaisante, puisque la pensée se construit sur la réflexion que je sais mon existence... Autrement dit, l'image projetée est capable de réfléchir à l'existence de l'écran, parce qu'elle ressent directement l'écran, alors que ça ne devrait pas être le cas, puisque l'écran n'est censé être que récepteur passif, invisible à la pensée projetée, pas un agent actif de la réflexion.

On est dans une réflexion qui n'arrive pas à définir le moi, et donc, frustrée du premier échec, décide d'essayer de le nier, mais n'y arrive pas non plus...
On retombe dans une réflexion qui se mord la queue, paradoxale, et qui n'arrivera jamais à se démêler d'elle-même... Pourquoi ? Parce que le moi utilise le moi pour analyser le moi. Un outil qui est logiquement insuffisant pour réaliser un tel travail, mais le seul outil qu'il pourra jamais avoir à disposition. Boucle inextricable.