Mail 11/15

Par Dominic

Mais où en est Sidonie au moment de la prise de décision? Sur le
point de naître et de sortir de l'œuf? À l'état d'embryon? À l'état
de pur projet?

Oui on a envie d'évacuer le problème comme ça (à un moment je trouvais
assez convaincant de dire que le bonheur c'est forcément
bonheur-de-quelqu'un, dont ne nous cassons pas la tête avec ceux qui
sont morts ou pas encore nés).

Coucou Estiva,

OK, j'ai retrouvé un passage de Singer dans «writings on an ethical life» sur la prise en compte du point de vue des parents.

Ce n'est pas vraiment pour évacuer le problème, mais plutôt pour tâcher de le comprendre. Pour ma part, je ne comprends pas bien l'expression «faire naître». C'est quoi au juste ce truc? On appuie sur un bouton? Un embryon apparaît alors dans le ventre de quelqu'un?

Il me semble que les individus se reproduisent spontanément sans que l'on ait à en «faire naître»... C'est pourquoi je posais la question de savoir si, dans l'exemple de David, Sidonie était déjà conçue (auquel cas l'exemple me paraît valable dans le cas où Sidonie va apparaître aux côtés d'Aglaé alors qu'il n'y pas assez de bouffe pour 2, par exemple).

En revanche, si Sidonie n'est qu'une hypothèse, une probabilité, je ne vois pas comment l'intégrer dans l'énoncé, à moins d'aller encore plus loin que Stephan (Iowha) et prétendre qu'il n'y a pas seulement une vie après la mort mais aussi avant. Je me dis pourtant que ce n'est pas ton genre.

Si cet argument des vies possibles devient valable, alors ne sommes nous pas coupables de ne pas nous reproduire autant que possible avec autant de partenaires que possible pour donner vie à tous ces individus potentiels qui attendent d'être libérés du néant et dont les intérêts à vivre comptent donc autant que ceux des individus vivant réellement ici et maintenant? Non non non c'est trop absurde, je ne parviens pas à adhérer à ce truc... pour le moment.