Mail 2/15

Par Dominic

Coucou nouvelle liste,

David, moi j'ai aussi un peu de mal à adhérer à cet utilitarisme "de la préférence". Dans le cas que tu mentionnes où la préférence est donnée à l'humain en vertu de sa capacité à souffrir de la perte de ses futures années de vie, je n'imagine que ce raisonnement n'est valable que si la victime (humaine ou poule) a une connaissance par anticipation de sa mort. Ca peut être le cas si l'humain est tué au cours d'une lutte, ou s'il est condamné à mort pour un motif X ou Y. Mais si la mort arrive par surprise totale, il me semble que la poule et l'homme en sont au même point : c'est à dire bien incapable de se prononcer ou d'exprimer une préférence au sujet d'un évènement dont ils n'ont pas la moindre connaissance a-priori. Un homme mort ne souffre pas de ne pas être vivant.

Pour ma part, j'aurais aussi tendance à privilégier l'humain (si vraiment on était dans un cas où il fallait choisir) en prenant en considération la souffrance ou le chagrin que pourrait causer sa mort à autrui (proches, amis, famille, ..). Cette souffrance là est à prendre en compte, me semble-t-il, et l'emporte sur l'indifférence générale dans laquelle meurent des centaines de milliers de poulets tous les jours.

Restent 2 cas pour lesquels il est difficile de trancher:

- celui dans lequel une poule vit dans un certain tissu social (avec un compagnon et des petits, par exemple), et là c'est difficile de dire que la souffrance des proches est moindre dans le cas des poules, car il faut bien avouer qu'on n'en sait rien..

- celui de l'humain anonyme dont tout le monde se fout et dont la mort n'affectera personne (un SDF sans famille, un type sur une ile déserte..). Dans ce cas là il me semble que la poule et l'humain sont à égalité devant la mort, et je ne vois pas comment faire le moindre choix, si ce n'est au pile ou face....

Bon, quelqu'un a du Doliprane ?